La crinière de lion est souvent présentée comme le champignon de l'esprit. Ce qui intéresse les chercheurs, c'est le comment : parmi les champignons médicinaux les plus étudiés, elle semble influencer deux protéines dont le cerveau a besoin pour maintenir ses cellules vivantes et adaptables, le facteur de croissance nerveuse (NGF) et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF). Ces facteurs neurotrophiques aident les neurones à survivre, à former de nouvelles connexions, et soutiennent l'apprentissage et la mémoire. Comme les deux ont tendance à décliner avec l'âge, ils sont devenus des cibles importantes dans la recherche sur le vieillissement en bonne santé.
Dans notre précédent article, Qu'est-ce que la crinière de lion ?, nous avons présenté ce champignon. Ici, nous examinons la science derrière le NGF et le BDNF, et si la crinière de lion soutient réellement la santé cérébrale.
La crinière de lion et le facteur de croissance nerveuse (NGF)
Le NGF aide certains neurones à survivre, à se réparer et à former de nouvelles connexions tout au long de la vie. En vieillissant, le maintien de ces connexions devient de plus en plus important pour un bon fonctionnement cérébral. La crinière de lion contient deux familles de composés qui semblent inciter les cellules à en produire davantage : les héricénones, issues du corps fructifère (le champignon que l'on reconnaît), et les érinacines, issues du mycélium (le réseau ressemblant à des racines sous la surface).
Dans une étude en laboratoire, un extrait de crinière de lion a augmenté la production de NGF dans des cellules humaines de soutien cérébral en culture, et plus la dose d'extrait était élevée, plus la production augmentait (1). Une seconde étude est allée plus loin : l'extrait a poussé les cellules nerveuses à développer de nouvelles ramifications et à libérer davantage de NGF par elles-mêmes (2). Le champignon n'agit pas comme le NGF lui-même. Il active la propre chaîne de production de la cellule.
La crinière de lion et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF)
Le NGF a un cousin plus connu, le BDNF, que nous abordons dans Qu'est-ce que le BDNF ? Le BDNF est souvent décrit comme un « engrais pour le cerveau » car il soutient l'apprentissage, la mémoire et la formation de nouvelles connexions neuronales, et il répond fortement à des habitudes telles que l'exercice physique et un bon sommeil.
La crinière de lion semble aussi influencer cette voie. Dans une étude de 2018 menée chez la souris, un extrait enrichi en érinacine A a réduit les comportements de type dépressif après un stress chronique, tout en restaurant l'activité du BDNF dans l'hippocampe, le centre de la mémoire du cerveau (3).
Une étude de 2023 a précisé ce mécanisme. L'un des composés du champignon, l'héricène A, a fait croître et se ramifier des neurones de la région de la mémoire en laboratoire. Le blocage du point d'ancrage habituel du BDNF n'a réduit que partiellement cet effet, ce qui suggère que la crinière de lion agit par plusieurs voies. Les souris nourries avec ce composé ont produit davantage de facteurs de croissance et ont obtenu de meilleurs résultats à un test de mémoire (4). Ensemble, ces études relient l'effet de la crinière de lion sur le BDNF à ce qu'il soutient le plus : l'humeur et la mémoire.
Une étude de 2025 a ajouté une nouvelle dimension. Soumises à un extrait standardisé de crinière de lion, des cellules nerveuses humaines immatures ont progressivement cessé de se diviser et ont commencé à mûrir en neurones fonctionnels, s'allongeant et devenant électriquement actives, un processus appelé différenciation neuronale (5). Il s'agit de travaux précoces, réalisés en laboratoire, mais ils suggèrent que la crinière de lion pourrait soutenir les neurones à plusieurs stades.
Tout cela protège-t-il réellement le cerveau ?
Les résultats obtenus en laboratoire sont encourageants, mais la question la plus importante est de savoir s'ils se traduisent par une amélioration réelle du fonctionnement cérébral. Dans une étude de 2019, des souris âgées recevant un extrait de crinière de lion enrichi en érinacine pendant deux mois ont montré une meilleure mémoire de reconnaissance et davantage de croissance de nouveaux neurones dans l'hippocampe que les animaux non traités (6).
Une réserve importante demeure. Le même extrait qui a stimulé la production de NGF et favorisé la croissance des neurites n'a pas protégé ces cellules du stress oxydatif, un processus lié au vieillissement (2). Soutenir la croissance neuronale et prévenir les dommages neuronaux sont deux défis différents, et la plupart des preuves disponibles à ce jour proviennent d'études en laboratoire et chez l'animal, pas chez l'humain.
Ce que montrent les études chez l'humain
Malgré ces promesses observées sur les cellules et chez l'animal, les études chez l'humain dressent un tableau plus mitigé. Parmi les essais randomisés menés jusqu'à présent, plusieurs rapportent des résultats encourageants, mais la plupart sont de petite taille et de courte durée (7). Les signaux les plus clairs proviennent de personnes déjà en déclin cognitif ; chez les adultes en bonne santé, les résultats sont plus incohérents. Dans l'essai le plus cité, 30 adultes âgés présentant un trouble cognitif léger ont pris 3 g de crinière de lion par jour pendant seize semaines et ont obtenu de meilleurs scores sur une échelle de fonction cognitive qu'un groupe placebo, mais les bénéfices se sont estompés dès l'arrêt de la prise (8). Un essai mené chez 31 adultes en bonne santé de plus de 50 ans a montré une amélioration à un test cognitif après douze semaines, mais pas aux deux autres ; comme ce groupe partait légèrement avantagé et que le groupe placebo s'est également amélioré, un effet d'apprentissage ne peut être exclu (9).
Les études ne s'accordent pas toutes. Certains essais constatent des bénéfices sur des tâches mentales spécifiques ; d'autres ne montrent que peu ou pas d'effet mesurable, en particulier après une seule prise (10,11). Pour l'instant, les preuves sont prometteuses, mais il faudra des essais plus vastes et plus longs pour en être certain.
Le même clivage se retrouve dans la maladie. Chez 49 personnes atteintes de maladie d'Alzheimer légère, près d'un an de prise de crinière de lion enrichie en érinacine A a amélioré le fonctionnement au quotidien, même si les tests cognitifs standards n'ont pas évolué (12).
Le mécanisme est biologiquement plausible et bien étayé en laboratoire ; les preuves chez l'humain restent précoces et limitées. La crinière de lion est largement considérée comme sûre à la consommation, bien que les données à long terme sur les compléments concentrés restent encore limitées (7).
Les essais ont généralement utilisé entre 1,5 et 3 grammes par jour, pris de façon régulière pendant plusieurs semaines, car les bénéfices avaient tendance à s'estomper à l'arrêt. Si vous souhaitez l'essayer, l'extrait de crinière de lion d'Augment Life est disponible sur notre boutique en ligne.
Lectures complémentaires
Sources bibliographiques
- Mori K, Obara Y, Hirota M, Azumi Y, Kinugasa S, Inatomi S, Nakahata N. Nerve Growth Factor-Inducing Activity of Hericium erinaceus in 1321N1 Human Astrocytoma Cells. Biological & Pharmaceutical Bulletin. 2008;31(9):1727–1732. doi: 10.1248/bpb.31.1727
- Lai PL, Naidu M, Sabaratnam V, Wong KH, David RP, Kuppusamy UR, Abdullah N, Malek SNA. Neurotrophic Properties of the Lion's Mane Medicinal Mushroom, Hericium erinaceus (Higher Basidiomycetes) from Malaysia. International Journal of Medicinal Mushrooms. 2013;15(6):539–554. doi: 10.1615/intjmedmushr.v15.i6.30
- Chiu CH, Chyau CC, Chen CC, Lee LY, Chen WP, Liu JL, Lin WH, Mong MC. Erinacine A-Enriched Hericium erinaceus Mycelium Produces Antidepressant-Like Effects through Modulating BDNF/PI3K/Akt/GSK-3β Signaling in Mice. International Journal of Molecular Sciences. 2018;19(2):341. doi: 10.3390/ijms19020341
- Martínez-Mármol R, Chai Y, Conroy JN, Khan Z, Hong SM, Kim SB, et al. Hericerin Derivatives Activates a Pan-Neurotrophic Pathway in Central Hippocampal Neurons Converging to ERK1/2 Signaling Enhancing Spatial Memory. Journal of Neurochemistry. 2023;165(6):791–808. doi: 10.1111/jnc.15767
- Brandalise F, Priori EC, Giammello F, Venuti MT, Ratto D, Goppa L, Locatelli CA, Savino E, Roda E, Rossi P. Hericium erinaceus Extracts Promote Neuronal Differentiation and Excitability through Nootropic Metabolite Activity. Biomedicine & Pharmacotherapy. 2025;188:118204. doi: 10.1016/j.biopha.2025.118204
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- Mori K, Inatomi S, Ouchi K, Azumi Y, Tuchida T. Improving Effects of the Mushroom Yamabushitake (Hericium erinaceus) on Mild Cognitive Impairment: A Double-Blind Placebo-Controlled Clinical Trial. Phytotherapy Research. 2009;23(3):367–372. doi: 10.1002/ptr.2634
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